L'île de Vancouver

Plénitude et sérénité

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By Categories: l'Ouest canadien10.8 min read2000 wordsPublished On: 1 September 2022
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L’île de Vancouver est bien plus qu’une destination touristique dont la renommée n’est plus à discuter. À première vue, on pourrait croire que l’essence de ce cachet si unique est due à ses majestueuses montagnes ou aux plages aux profils découpés. Bien que l’île se démarque par de profonds fjords, d’impressionnantes gorges, des jardins luxuriants et des arbres géants, la véritable splendeur de l’île c’est le reflet de plénitude qui s’y dégage, responsable de toute sa beauté.

 

Louise Bourbonnais

 

«Les montagnes ou la mer?», me demanda le pilote de l’hydravion qui ne savait faire mieux que de fixer mon appareil photo pendant que je me hissais tant bien que mal à bord de son petit appareil.

Me voyant hésitante, il ajoute: « Si j’étais vous, j’opterais pour la mer! ».

Bien que sa suggestion semblait séduisante, j’insiste pour partager mes précieuses minutes de vol entre le survol des sommets montagneux riches en verdure et en promesses d’un paysage grandiose et, l’idée d’admirer le littoral du Pacifique, frangé d’une multitude d’îles sauvages, sachant pertinemment que le maigre 30 minutes de vol serait trop bref pour me rassasier de ces deux panoramas de luxe.

Originaire de la vallée d’Okanagan, située entre la chaîne côtière et les montagnes Rocheuses, le pilote qui, me servait aussi de guide, avait quitté le ranch familial quelques années auparavant pour venir s’installer ici, dans ce petit village de moins de 2 000 habitants que compte Tofino. Délaisser les vergers et les vignobles pour troquer les baies sauvages et les plages désertes s’expliquent facilement; car aujourd’hui encore, bien qu’il survole la région pratiquement tous les jours, un sourire radieux se dessine sur son visage dès qu’il survole, Long Beach, la magnifique plage de sable blanc du Parc National.

À vol d’oiseau, Tofino, situé sur la côte Ouest de l’île de Vancouver, semble complètement isolé du reste du monde. Les montagnes de Clayoquot Sound qui s’élèvent majestueusement à l’arrière-plan du village, ne me déçoivent pas. La verdure est si riche qu’un simple coup d’oeil suffit à me vivifier. Tout près se trouve le Parc National, Pacific Rim, long de 105 km. En le survolant le terme nature prend tout son sens: forêts denses, ponts de pierres sculptées par les intempéries, où s’ajoute une impressionnante faune sauvage et des sentiers dont le West Coast Trail qui conduit vers des grottes en bordure de l’océan. Si pour quelques secondes j’ai regretté de ne pas me trouver au sol pour m’oxygéner le temps d’une randonnée dans ces lieux sauvages tout en explorant les cavernes, j’ai rapidement béni notre hydravion en apprenant que le parcours est plutôt difficile, que les chemins sont périlleux et abrupts, que certaines parties des sentiers ne sont praticables qu’à marée basse, que les loups et les couguars ont envahi la région et, qu’il arrive que les gardes forestiers décident de fermer certains passages en raison d’une trop forte concentration d’ours.

Tout en me félicitant d’avoir opté pour cette visite aérienne, je réalise toute l’étendue des lieux et espère gagner du temps. Long Beach, le croissant de sable blanc, long de 16 kilomètres, ne me suffit plus. Je ne peux me lasser de contempler les paisibles baies et les quantités d’îlots qui se dissimulent tout le long du littoral de Tofino. Le pilote, habitué d’utiliser son avion-taxi pour transporter les touristes soit vers la Baie de Clayoquot Sound ou Vargas Islands, ne semble aucunement surpris de ma revendication. En échange de quelques billets supplémentaires, le pilote accepte sans se faire prier de prolonger le plaisir.

 

Au sud de Long Beach, se trouve des centaines d’îlots minuscules appelés l’archipel des Broken Islands qui parsèment l’entrée de la baie de Barkeley. Les paysages sont à couper le souffle. On raconte que des trésors perdus s’y cachent toujours et des plongeurs viennent explorer les navires qui y ont sombré.

« Les voilà », s’exclame le pilote en me pointant du doigt les baleines qui émergent de l’océan tout en inclinant son petit appareil à 45 degrés de manière à ce que je puisse observer ces géants des mers de près et rapporter les meilleurs clichés possible.

 

 

Il faut admettre que le spectacle est impressionnant. Chaque année, une colonie de 22 000 baleines grises migrent depuis la baie de la Californie au Mexique, vers le Nord en direction de l’Arctique en passant par l’Alaska et la mer de Béring. C’est principalement entre les mois de mars et de mai qu’il est plus le facile de les apercevoir au large de Tofino.

Concentrée sur mes prises de vues, le pilote attire mon attention: « Ce sera bientôt le coucher du soleil. Vous avez de la chance, aujourd’hui, on ne risque pas d’être enveloppés par le brouillard », souligne-t-il.

 

 

À l’approche de la nuit, de retour au village de Tofino, je remarque la très forte présence amérindienne. Les résidants, des autochtones en majorité, commentent le coucher de soleil sans brume; le spectacle universel de la place qui vient clôturer cette journée. Même l’établissement hôtelier où je loge est géré par les Amérindiens Tia-O-Qui-Aht.

Les autochtones semblent moins nombreux durant la saison estivale, car la population quadruple en raison des touristes venues des quatre coins du monde.

Au village, se trouve un seul endroit touristique digne de ce nom: la galerie d’art, où sont exposées diverses sculptures réalisées par les artisans locaux. Chacune des œuvres est accompagnée d’une légende et d’une signification.

Malgré que les attraits touristiques soient restreints, Tofino et ses environs proposent en revanche d’excellents restaurants. Arrêtez-vous le temps de déguster un délicieux repas de saumon frais du Pacifique. Le très réputé Wickaninnish Inn offre une cuisine exceptionnelle et une vue spectaculaire sur la plage.

 

 

Bien que le soleil ne brille que durant la moitié du temps, Tofino bénéficie en revanche d’un climat tempéré tout au long de l’année grâce aux courants chauds du Pacifique, ce qui ajoute considérablement à la qualité de vie. Rien d’étonnant à ce que des milliers de Canadiens optent pour l’île de Vancouver pour y vivre leur retraite. On choisit les principales villes plutôt que les petits villages pittoresques, soient Victoria ou Nanaimo où se trouvent les deux principaux ports d’ancrage des traversiers qui relient plusieurs fois par jour l’île au continent. Mis à part le Harbour-side boardwalk, certains parcs et lieux historiques, Nanaimo demeure sans charme et a tout à envier à sa rivale Victoria.

 

Victoria

La paisible capitale de la Colombie-Britannique, ville de l’éternel printemps, est empreinte d’élégance et propose une atmosphère très victorienne. Les farouches cow-boys, tout comme les descendants des pionniers de la ruée vers l’or, ont trouvé refuge ailleurs. Victoria respire la dignité et son style tranche radicalement avec le reste de l’île. Cet endroit, le plus ensoleillé de l’île, propose des jardins luxuriants, des salons de thé et d’élégantes boutiques aux étalages garnis de porcelaine et d’argenterie. Les musées qui nous éclairent sur l’histoire de l’île ainsi que les parcs présentant des collections de mâts totémiques illustrant les différentes lignées de la côte Pacifique sont des visites intéressantes, mais elles ne peuvent rivaliser avec Butchart Gardens, où les visiteurs du monde entier s’y arrêtent.

 

 

Situé sur une péninsule un peu au nord de Victoria, ce jardin est un véritable kaléidoscope de couleurs symphoniques, où se rencontre une lumière subtile imprégnée d’une fragrance exotique.

 

En quittant l’île de Vancouver, en direction du continent, en empruntant le détroit de Georgia, j’aperçois à l’horizon les Gulfs Islands reconnus pour leur climat agréable l’année durant, le plus doux du Canada.

 

 

Il m’est difficile de ne pas envier ces insulaires vivant dans ces oasis de paix, isolés du monde, loin des bouchons de circulation. Apparemment, quantité d’artistes et d’écrivains s’y sont établis inspirés par ces paysages sauvages. De quoi rêver pendant un moment, sans doute comme la plupart des touristes se trouvant autour de moi à bord du traversier. Les vacanciers animés se racontent leurs expériences touristiques dans un esprit d’échange et de convivialité. À les écouter, on réalise rapidement qu’on ne peut explorer l’île de Vancouver en profondeur en un seul voyage.

Pour un tour complet, il faudrait s’arrêter à Port Alberni ne serait-ce que pour y voir les plus vieux sapins du monde, datant de huit cents ans et hauts de 100 mètres.

 

 

Il faudrait également se rendre à Campbell River, la capitale mondiale du saumon. C’est là que se trouve le Chinook, le King des saumons du Pacifique; un monstre d’un mètre de long qui peut peser jusqu’à 36 kg. Ensuite, on pourrait continuer jusqu’à l’extrémité nord-est, à Port Hardy, point de départ pour une croisière vers les îles de la Reine-Charlotte et Prince Rupert. À proximité, Telegraph Cove propose également l’observation de baleines.

 

 

Les amants de la nature pourraient très bien se rendre uniquement au centre de l’île pour une excursion de montagne, où se trouve le plus vieux parc provincial de la Colombie-Britannique, Strathcona Park. C’est là que se trouve le plus haut sommet de l’île, le Golden Hindes qui culmine à 2 200 m d’altitude. De là, une vue spectaculaire sur 360 degrés s’offre à nous.

 

 

À savoir

– Les amateurs de golf seront heureux d’apprendre que l’on compte plus de 40 terrains de golf.

– La Côte ouest de l’île de Vancouver est aussi un paradis pour la pratique du surf.

 

 

– On évite de s’y rendre pour une escapade d’une journée à partir du continent, où se trouve la métropole Vancouver. Sa superficie fait plus de 32 000 kilomètres carrés. Il faut compter sept heures de route pour traverser l’île du nord au sud.

– En été, il est impératif de réserver votre hôtel avant votre départ, ils sont peu nombreux considérant la quantité de touristes.

– Si vous louez votre voiture sur l’île, assurez-vous de la réserver avant le départ, car le parc automobile est plus modeste que celui de l’aéroport de Vancouver.

 

Pour s’y rendre

– Plusieurs transporteurs aériens offrent des vols directs depuis Montréal vers la ville de Vancouver. De là, plusieurs options sont offertes pour se rendre sur l’île de Vancouver. La plus économique est d’emprunter un traversier qui relie l’île au continent. Tsawwassen est le port le plus près de l’aéroport de Vancouver. Vous pouvez naviguer vers Victoria ou Nanaimo les deux principaux ports d’ancrage sur l’île qu’exploite BC Ferries. Des vols de correspondance pour l’une des villes de l’île sont aussi disponibles. Pour plus de flexibilité, des hydravions-taxis font la navette entre l’île et le continent.

 

 

Pour se rendre, sur la Côte Pacifique on opte pour le port de Nanaimo, une traversée de deux heures. On emprunte ensuite la route 4 pour se diriger au bout du continent dans la région du Pacific Rim. On compte trois heures de route. Celle-ci est particulièrement spectaculaire, montagneuse et escarpée de Port Alberni jusqu’à la Côte.

– Avant d’emprunter la route 4, vérifiez la météo afin d’éviter une période de brouillard qui vous prive de la magnificence des lieux.